_

_
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 06:30

OS Fade

Y'avait du rouge du bleu et du noir, je m'en souviens bien. Y'avait du blond et quelques mèches chocolats en vrac. C'était bien travaillé, comme ces ½uvres au fond d'une cave, faites par un vieux fou, perfectionniste jusqu'au bout des ongles, juste parce qu'il n'a que ça. Je sais aussi que c'était légèrement doré et que ça sentait, comme un mélange de coquelicot et d'avocat.
Une merveille.
Il faisait déjà sombre quand c'est passée devant moi. Son parfum s'est prit de moi, m'enveloppant dans du coton ou de la soie, je ne sais pas. Une chose tellement magnifique, il me fallait bien l'approcher, la toucher, l'observer de plus près. Je savais à l'avance, je vous promet je n'ai pas fait d'erreur. Mais c'est comme ça, chacun son péché mignon, pour certain ce sont les chocolats, pour d'autre, l'allure parfaite d'une trouvaille d'exception.
Je sais que je me suis approché, je sais que ça m'a regardé. C'est à ce moment là que j'ai su que je venais de trouver le plus beau de mes trésors. Des yeux vitreux, ceux d'un mort, pleins de ce quelque chose qui vous force à vous accrocher très fort à ce regard, vous savez ? Je faisais peur, comme à chaque fois. J'ai presque sentit, dans l'obscurité, sa peau que je voulais tant toucher, se crisper et frissonner d'effroi. J'ai presque dû tendre l'oreille pour comprendre sa plainte murmurée. Un supplice entre deux sanglots. Pourquoi pleurer si tôt ?
C'est donc dans ces conditions, sans prévisions, au hasard, à la nuit noire éclairée par la vieille ampoule agonisante et clignotante d'un piteux lampadaire, que j'ai croisé la « muse » de cet écrit.
Je ne suis pas un homme laid, je le sais, si vous saviez nombre de femmes qui sont passées entre mes mains et entre le reste... Alors pourquoi ces sanglots et cet effroi ?
C'est plus tard que je me suis rendu compte que je tenais un couteau, dont coulait toujours, cette chose rouge et visqueuse à l'odeur suave et aux arômes de fer. J'ai baissé les yeux et fais tomber cette chose nuisible à mes plans. En face, immobile et emplit de terreur, son corps restait figé et ses yeux me fixaient, à l'affut du moindre geste suspect. Je m'approchais déjà en murmurant des phrases sans aucuns sens. Le mur se rapprochait et quelque secondes suffirent pour l'y plaquer.
Si vous saviez ce que c'était magnifique à mes yeux. J'étais comme un gosse devant une vitrine de jouets, aux heures de noël. Je ne pouvais m'empêcher de me délecter d'avance, de ce prochain repas.
J'ai observé avec avidité, la merveille que je venais de coller au mur et contre toute attente, j'ai reçu un coup dans le bas du ventre. J'avais mal et je me souviens être à terre, ma muse pleurait en me regardant et respirant fort, comme si elle venait de faire un cent mètres. Elle a ensuite hurlé entre ses larmes.
« Bon sang, qu'avez-vous en tête ?! »
« Tu as peur de moi ? »
« Je... Non ! Qu'est-ce qui vous prends de me sauter dessus comme ça ?! »
« Pourquoi pleures-tu alors ? Un si beau visage... »
Je savais déjà que j'avais gagné. Je me suis relevé doucement, je me suis épousseté tranquillement, j'ai recoiffé mes cheveux, soupiré et allumé une cigarette. J'ai regardé autour de moi, naturellement, comme lassé de l'instant, j'ai laissé un long silence s'installer, comme toujours, c'est le rituel, la première étape...

Mon charme naturel fait toujours sont effet. Vous savez, j'aime les plats bien agencés. Alors je prends mon temps pour les confectionner, c'est comme ça.
J'ai relevé les yeux, fait un faible sourire dans lequel je voulais mettre de la compassion, de la compréhension et d'autres sentiments rassurants du genre.
« Quel est ton nom et que fais-tu dans les rues à cette heure ? Tu as l'air jeune... »
« Je m'appelle Edward, j'ai 18 ans et je prends des photos... »
« Mais ce n'est pas triste de prendre des photos pourtant... »
« J'ai eu quelque problèmes avec ma petite amie, c'est pour ça que je pleure, pas parce que je prends des photos. »
Il me racontait qu'elle l'avait trompé avec son meilleur ami, enfin, des histoires de jeunes. J'avais seulement deux ans de plus que lui mais j'avais l'impression d'être beaucoup plus mûr. Il était bien sûr, très naïf.
En tous cas j'aimais parler avec ce garçon et même s'il n'était pas dans mes habitudes de choisir au hasard, je ne pouvais pas manquer cette occasion. Je ne suis pas homosexuel, mais tout en lui me donnais envie et je peux vous jurer qu'il a été le seul et unique homme de ma vie. Je vous ai parlé d'une muse plus haut et effectivement, Edward était un homme. Mais il m'a beaucoup inspiré alors je me suis permi d'utiliser ce terme.
Je faisais mine de comprendre et je lui ai même proposé une cigarette qu'il a accepté très rapidement.
« Quel genre de photo prends-tu ? »
« Oh... Je m'intéresse beaucoup aux petites rues peu éclairées comme celle-ci, ça donne souvent des frissons et elles font partie de certains clichés. »
« Certes... »
Je ne savais pas vraiment comment l'aborder. J'étais torturé entre deux envies. Celle de me rassasier de suite ou celle de savourer ce plat d'exception. Vous savez, c'est comme lorsqu'on vous offre un bon vin. Son goût est tellement succulent que vous pourriez le terminer en une seule gorgée, pourtant il vous fait tout le repas car vous savez que vous n'aurez pas tous les jours, l'occasion d'en boire de si bon. Avec Edward, c'est ça que je ressentais. Il était le vin d'exception de ma soirée et étant donné que je venais de passer au plat de résistance, Edward devait faire tout le repas.
« Edward, je vais être franc, j'ai besoin de toi. »
Je me souviens, que la crainte qu'il avait laissé tomber depuis que nous discutions, était revenue luire dans ses yeux. Si je m'étais un peu plus concentré, j'aurais probablement sentit son sang se glacer. Rien que de voir son visage si terrifié avait stimulé excessivement tout ce qui bouillonnait en moi depuis ma rencontre avec lui. Mais si jamais je faisais le moindre faux pas, je savais qu'il aurait pu entrevoir mon insidieux plan.
« Tu vas venir avec moi. »
« Venir avec vous ? Mais pourquoi ? »
Qu'il me vouvoie toujours me faisais me sentir grand et surtout très supérieur à lui.
Il était beau garçon, son visage était plutôt fin je dirais même qu'il avait des traits féminins. Le fait d'être tout efflanqué lui donnait un air assez idiot, mais il savais se mouvoir de ses grandes jambes. Son petit air farouche attirait le regard, mais il n'était pas un homme très fort, ni moralement ni même physiquement. C'est vraiment malsain de ma part de m'en prendre à ce genre de personne. Je ne suis pas très costaud, mais je peux me défendre aisément. Contrairement à lui, qui de son style très coloré, cheveux en bataille et maquillage ébène, voulait être prit pour une personne forte, qui ne l'était pas. C'était franchement drôle et très « tape à l'½il ». Dommage pour lui que ce soit mes yeux que ça ait frappé.
« Je peux t'aider à te venger. »
Je m'attendais à ce qu'il me prenne au mot. Je tissais déjà tout doucement ma toile autour de lui, sans qu'il s'en aperçoive. Sous cette nuit sans lune, perdu dans une ruelle à la lueur jaunâtre du vieux lampadaire, le plus beau de tous mes cocons vicieux, prenait forme. Et je peux vous garantir, que rien que d'y repenser, me met l'eau à la bouche.
Seulement, vous ne pouvez pas comprendre, alors laisser moi vous faire une comparaison. Avez-vous déjà flirté ? C'est un sentiment vraiment agréable, n'est-ce pas ? Vous êtes avec une personne qui vous plait plus que quiconque, vous êtes seuls, mais il reste cette barrière à ne pas franchir avant que quoi que ce soit ne se concrétise « officiellement ». Voilà ce que l'on aime dans le flirt, c'est un défi constant contre nous même, de se résoudre à attendre le moment où l'on aura passé le point de non retour. Voyez-vous mieux ?
« M'aider à me venger ? Mais comment ? »
« Les femmes sont étranges. Elle veulent des choses en particulier et quand elles les ont, elles s'en lassent. Ta petite amie t'aime sûrement profondément mais elle n'a plus trouver satisfaction dans une relation où il n'y a plus rien à attendre, mais juste à vivre. Je me trompe ? »
« Non ... Enfin c'est vrai que notre couple perdait de son piquant... »
« C'est ça. Elle a sûrement été voir ailleurs pour remettre ce piquant manquant dans sa vie, soit parce qu'elle ne voulait pas t'avouer ce qu'elle pensait de tout ça, soit pour se prouver rien qu'à elle même que si dans votre couple il n'y avait plus « de piquant » ce n'est pas pour cela qu'elle ne plaisait pas. En gros, ce devait être une perte de confiance, soit en votre couple ou alors en elle même. »
« Je ne sais pas... »
« Elle n'a pas parlé de séparation ? »
« Non. »
« Alors c'est qu'elle ne veut pas se séparer de toi. Comment était son comportement ? »
« Au début elle ne parlait plus et elle ne me regardait pas dans les yeux. Puis lorsqu'on a percé l'abcès elle s'est mise à parler vite en argumentant le plus qu'elle pouvait. Et avant que je puisse dire quoi que ce soit, elle s'est sauvée. »
« Viens avec moi. »
« Mais on ne se connait pas. »
« Assez pour que tu me déballe ta petite vie. »
« C'est vous qui... »
« Je ne t'ai pas forcé à le faire, refuser c'est pourtant simple. »
« Où voulez-vous que l'on aille ? »
« A l'endroit où vous passez le plus de temps ensemble. »
Cette fois, je poussais le vice très loin.
Au fond de moi, je me disais qu'il fallait que j'arrête, que je parte vite, que je le laisse là et que je l'oublie. Mais comment faire ? Consentant à cent pour cent avec mes demandes et aussi naïf. Ma perfection sous les yeux et à portée de main, je ne pouvais pas. Alors j'allais, sans me retourner, vers le point de non retour, je le savais, et mon esprit menait une bataille sanglante, entre le bon coté qu'il me restait encore et mes démons. Comme vous le savez, les démons ont gagné, comme souvent.

On marchait déjà, l'un à coté de l'autre, dans les ruelles sombres et peu éclairées. J'aurais pu, à tous moments, fuir ou même, mettre mes plus grands fantasmes à exécution. On était seuls, le vrombissement des voitures de la nuit, au loin, se faisait entendre, le chant de leurs moteurs, étouffés par les murailles de maisons et immeubles en tout genre, nous encerclant. Je n'ai pourtant rien fait, reportant mon travail à plus tard et profitant de cette présence, qui bientôt ne serait plus.
On arrivait, vous savez ? Je me souviens qu'il a tendu sa main, frêle et osseuse, vers un petite porte de bois qu'il a ensuite poussé. Il s'est engagé, je voyais sa nuque, pour la première fois il me tournait le dos, je ne pensais pas que ça irait si vite. Les médecins ont des réponses à ça. Les tueurs attaquent souvent dans le dos, c'est une frustration. La peur qu'on les oublient, qu'on ne les regardent pas, qu'on ne les voient pas. Tout cela dépend du passé, tout vient des premières années de la vie.

Un petit portail de bois, pas de bruit, un nuage de buée sortant de ma bouche, sa nuque à nue, sans écharpe pour ce froid. Des lampadaires, tous les cinq à dix mètres, mais personne.
Je le laissais s'avancer, s'enfoncer dans ce sombre parc. Je savais déjà ce qui allait ce passer, j'aurai pu faire demi-tour, mais je ne l'ai pas fait. Je sentais, au dessus de moi, mes grandes ailes sombres, venues tout droit de l'enfer, s'élever silencieusement. Mes démons s'agitaient dans ma tête, ma folie, tapie dans le noir, avait ouvert ses grands yeux rouges.
Il grimpait doucement une petite butte, menant à un banc. Il s'est retourné, m'a regardé, j'ai sourit puis je lui ai planté un couteau dans la gorge. Cela faisait un angle, d'environ quarante-cinq degrés avec son cou. Il n'a pas hurlé, il s'est juste effondré.
Il s'est mit à trembler, vous savez ? Il me regardait, essayait de parler, mais le mélange de son hémorragie et l'air qui essayait d'entrer et de sortir, faisait des bulles de sang qui éclataient par moment. Dans un orchestre de petits sons presque inaudibles accompagnés par sa respiration de plus en difficile, la mienne, plutôt calme, et une brise glacial qui nous fouettait tout les deux. Comme à chaque fois, j'étais le chef de cet d'orchestre.
Je me souviens l'avoir violé après avoir retiré tous ses vêtements, mais lorsque j'ai eu terminé mon acte, il ne bougeait déjà plus. Ses yeux étaient fermés, on aurait presque dit qu'il dormait.

Une suave effluve de sang tournoyait autour de moi, ce qui rendait mes démons encore plus turbulents, comme ces chiens de combats, que l'ont lâche trop peu souvent et qui, derrière leurs barreaux de fer, se tordent de rage. J'observais mon art, je la câlinait après l'avoir souillé. Dans ces moments là, je n'ai plus une seule once d'humanité, je suis une bête, une créature avide de chaire et de sang.
Les criminologues vous diront que les tueurs en série ont des habitudes et c'est grâce à ça qu'on les reconnaient. Leur façon de tuer, de disposer le cadavre de leur victime, un endroit particulier, des biens précis volés, des actes sexuels ou non, après ou avant le meurtre, des mutilations spéciales... Et des tas d'autres choses.

Edward ne méritait pas d'être traité comme les autres, puisse qu'il était ma victime idéal. J'ai donc fouillé au fond de ma poche pour en tirer une petite lame de rasoir. J'ai entaillé sa peau à plusieurs reprises en essayant de faire ça du mieux que je pouvais. J'ai découpé son corps, comme un morceaux de beef-steak bien saignant et j'ai aimé ça. Je me suis ensuite relevé, j'ai déchiré sa chemise pour en faire un lien, j'ai attaché très fort ses mains à ses jambes dans son dos. Son corps devenait de plus en plus rigide, ce qui me permettais de pouvoir le placer comme bon me semblais. J'ai fait baisser sa tête pour que son mentons aille toucher son torse et je l'ai pris en photo. J'ai effacé du mieux que je pouvais mes empruntes, je connaissais par c½ur, l'ordre dans lequel la police enquêtait.
Je savais qu'il entamait déjà sa traversée du Styx alors que moi je m'apprêtais à rentrer chez moi. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait, le laissant là, à demi pénombre dans le parc. Assez en évidence pour qu'on le remarque si on s'en approche de trop près, pas assez si on ne fait pas attention. Je connaissais tous les endroits de cette ville par c½ur. Toutes les zones d'ombres à chaque heures de la journée.
Lorsqu'on est enfant on apprend des poèmes, moi j'apprenais d'autres choses.

Je suis rentré chez moi, j'ai prit le chemin le plus long, les mains dans poches, les yeux vides de tous sentiments, rassasié jusqu'à ce que je croise ma prochaine victime idéale. Je suis arrivé chez moi, je me souviens de tous les détails de cette soirée, elle est gravée en moi et comme une litanie qui s'abat chaque soir à l'heure de la mort d'Edward, ça revient. Une pensée pour lui, une bougie que j'allume, un encens que je brûle, moi le tueur, moi l'horreur.
J'ai ouvert la porte de ma maison, allumé la lumière et comme effrayés par mon arrivée, les factices funambules à qui je tiens tant, se sont mit à danser pour s'arrêter quelque secondes plus tard. Ils me disaient bonjour, comme tous les soirs quand je rentre.
D'ailleurs, Edward en fait partit de ces funambules. Les vestiges de sa chemise et un morceau de son pantalon à son effigie, comme pour tous les autres avant lui. J'ai oublié de vous dire que j'emporte toujours un souvenir.
Un cris vint briser le silence. Des sanglots venant d'un placard en face de la place d' « Edward ». Je me suis retourné, après avoir pendu ma merveille, je suis allé ouvrir la porte et c'est là que je me suis réveillé.

J'étais dehors, dans l'herbe fraiche du printemps. Le soleil m'assenait de ses rayons brûlant, mon corps encore engourdis par le gèle de l'hiver ne s'y faisait pas encore. Je me suis relevé, j'ai regardé autour de moi, c'était un immense champ, cossu de milliers de fleurs de toutes les couleurs. Il n'y avait pas de son, pas de de vent. Comme si nous étions dans un film que l'on avait mit sur pose. J'ai commencé à marcher, même mes pas ne faisaient pas le moindre son. Le champ s'étendait sur des centaines de kilomètres à la ronde et seul un immense saule rose trônait à quelque pas de là où j'étais. Il n'y avait pas d'ombre, d'ailleurs si on regardait le ciel, il y avait un soleil à l'est, à l'ouest, au nord et au sud. Ce ciel n'était pas bleu, il était pourpre et les nuages étaient noirs. Pourtant, l'ambiance ne changeait pas de ce dont à quoi j'étais habitué. Je me suis mis à avancer vers le saule, qui paraissait proche, mais qui ne l'était pas, en réalité. Je n'étais pas le moins du monde choqué par ce qui se passait.
Il m'a fallu presque trois heures pour arriver à hauteur du roi de la prairie et plus je m'en approchais plus il devenait petit. C'est d'ailleurs devant un saule de quelque centimètres que je me retrouvais une fois arrivé. Je me suis penché sur lui et un son, le premier que j'entendais depuis mon réveil, venait de se produire. Un son affreux, plus fort que tout. La puissance avait même fait éclater mes tympans, qui saignaient abondamment. Je n'avais pourtant pas mal, je sentais juste le sang dégouliner sur moi et le sol se tachait rapidement de cette chose rougeâtre et visqueuse.
Le bruit se répétait frénétiquement, torturant mon corps et faisant éclater un à un, mes organes. Je vivais toujours malgré tout. Je me demandais ce qui pouvait produire ce son meurtrier et je me suis remis en marche, comme si de rien était alors que je devais presque tenir mes tripes pour ne par les perdre en route.
Je n'étais plus qu'un amas de chaire et d'os brisés, comment pouvais-je encore vivre alors que n'avais certainement même plus mon apparence humaine ?
Un minuscule papillon s'est posé devant moi, il était jaune, il battait des ailes et ce sont ses battements qui produisaient le son. J'ai continué à avancer malgré tout et après quelque mètres le papillon s'est mit à parler.
« Il y a des funambules qui aimeraient boire un café avec vous. »
Les papillons ne parlent pas, je le sais, mais ici, rien n'avait l'air normal. Je n'ai pas eu le temps de comprendre, le paysage avait changé, j'avais reprit mon apparence humaine, j'étais sur une petite barque, flottant sur de l'eau noire où des squelettes d'hommes et de femmes nageaient comme des dauphins. Un homme qui portait une grande cape noire faisait avancer la barque, une bougie à sa pointe éclairait l'avant et çà et là des petites éclaboussures faisaient émaner des longs et stridents cris d'agonie. Cela pourtant, ne me choquait pas. Je m'ennuyais, impatient de savoir qui pouvait bien vouloir prendre un café avec moi.
L'insipide et fastidieux chemin se terminait presque, à mon plus grand soulagement et en face, sur l'autre rive, Edward me faisais un grand signe de main.


Fin

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 13:18

Modifié le samedi 17 janvier 2009 13:09

Prologue

Non, ce n'est pas parce qu'il était gay, qu'il désirait tous les hommes qui passaient sous son nez. Il regardait, cherchait celui qui le ferait « craquer ». Comme toutes ces gamines à la recherche du prince charmant. Il ne faisait que ce que font la plupart des jeunes de son âge. Les autres garçons aussi, scannent constamment la cours du lycée pour trouver la perle rare.
Et puis il n'avait rien choisit, c'était juste comme ça. Il avait bien essayé les filles, pour se rassurer lui même. Mais jamais ça n'avait marché. Il manquait quelque chose.
Ce genre de truc, ça arrive toujours au voisin de table, au meilleur pote. Mais on le soutient, on l'accepte et on trouve ça normal. D'ailleurs, ça n'est pas si anormal que l'on veut bien le dire. Mais c'est comme ça, c'est tabou, ça fait peur, tous les jeunes passent par là.
Il ne faisait pas de mal, si ce n'est renvoyer au monde le méprit qui l'assénait. Juste parce que sa sexualité n'entrait pas dans le moule commun ?
Il s'est donc mit à haïr ce monde.
Y'avait juste sa mère, son père et un ami, juste un, le meilleur des amis. Ouais, eux ils savaient et ils soutenaient leur fils, parce qu'ils savaient qu'il n'avait qu'eux.
Et il se contentait de ça.
C'était un petit gars de dix sept ans. Pas très grand, mais tout mince, tout chétif, tout osseux. Pourtant il mangeait, il le promettait, mais il était comme ça. Musclé tout de même un peu, oui parce qu'il aimait le sport et prendre soin de son corps. Juste assez musclé, sur sa chaire qui frôlait ses os. Des cheveux, mis longs, très effilés, où quelques mèches allaient chatouiller milieu de son dos, coiffés en bataille et blanc comme la neige. Sa peau, légèrement hâlée faisait ressortir à merveille, ses deux yeux gris, luisant et pétillant.
Il était beau, bien plus que beau. Il le savait mais il n'était ni prétentieux, ni arrogant.

Lisez-vous ces beaux livres de romance ? Eau de rose pour jeunes femmes en fleur, à la conquête d'un idylle ? La rencontre hasardeuse du prince charmant ?
Il lisait ce genre de livre. Il était avide de ces histoires naïves, mais pour rien au monde il ne voulait vivre tout ça. Pour rien au monde il voulait s'abaisser à la faiblesse de l'amour.
Et pourtant...

« Je suis tombé amoureux du plus monstrueux des anges. Mais ça, c'était plus tard... »

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 06:37

I Ébauche

« On s'était promit, mon bel ami. Je n'avais que toi. Et puis on nous a séparé, mon précieux ami. Je t'aimais profondément, si jamais j'avais su plus tôt, tout ne se serait jamais passé ainsi, je te le promet. Mais mon très cher ami, il a rallumé la lumière qui s'était éteinte lorsque tu es partis. Comprends moi par pitié, pardonnes moi de t'avoir oublié une seconde. Cette seconde où j'ai croisé son regard.
Il m'avait ensorcelé...
»

Sacha, marchait dans le froid naissant de l'hiver. Les mains dans les poches, la tête basse, ses mèches blondes lui tombaient sur le nez. Son allure, lente, gracieuse et sa crinière virevoltant délicatement avec le vent gelé, le rendait magnifique.
Mais lui, il s'en foutait.
Des larmes ruisselaient sur son visage, des larmes silencieuses qui donnaient l'impression de ne jamais vouloir s'arrêter de couler. Quelques gémissements étouffés, par moments, trahissaient sa peine muette. Il se maudissait, à chaque fois qu'émanait ce son, témoignant de sa bêtise.
Son malheur le menait dans un endroit bien précis, un lieu qui lui permettait d'oublier, un lieu qu'il aimait passionnément. Un lieu pour quoi il aurait vendu son c½ur, ce c½ur qu'il se serait arraché de ses mains.
Comment la vie pouvait-elle lui en vouloir à ce point ? Il se posait la question. Une question qui resterait à tout jamais sans réponse, s'il ne voulait pas se remettre en question. Il était meurtrit, trahit, maudit, du moins, c'est ce qu'il pensait. Il allait mal, mais il n'avait pas de quoi. Quel pauvre gamin. Et dire qu'à l'autre bout du monde, un petit se fait massacrer, une femme tabasser, un père tuer, un grand frère torturer. Et lui ? Lui c'était rien, juste des maux, qui n'avaient ni queues ni têtes. Juste des maux pour gamin pourris gâtés. Ceux qui n'ont pas de sens, mais qu'on plaint.
Pitié.
Son escapade nocturne ne tenait de rien. Il avait juste le blues du soir, dû à son addiction. Ses parents étaient au courant. Il savait très bien que son père restait sur le qui-vive, au cas où l'heure limite soit dépassée. Ce père irait le chercher dans « ce lieu », par peur qu'il ne soit arrivé quelque chose, de plus grave encore.
Et pourtant, qui a t-il de plus grave pour des parents, que de savoir leur fils unique, accoutumé à du poison ?
Il s'excusait intérieurement d'être un si mauvais fils et d'être aussi lâche. Il s'excusait de n'avoir trouvé que cette porte de sortie. Mais pour sortir de quoi ? Il promettait de trouver, le jour où il irait mieux. Sauf que c'était de pire en pire, cette chose se prenait de lui, de son corps, de son âme, le rendant fou, le détruisant, pour des petits malheurs qu'ils s'inventait.
Et que faire ?
En contre partie, il essayait d'être un bon élève, un fils digne de ses parents. Des parents merveilleux à ses yeux. Des parents comme personne ne pouvait en avoir, selon lui.
Il lui fallait bien de quoi se racheter.
Prit dans ses pensés, il ne se rendit pas compte qu'il était arrivé. Il redressa les yeux, un grand sourire s'étira sur ses lèvres, il sécha ses larmes et accéléra le pas.
Enfin.
Une baraque éventrée de toutes parts, trônait là, perdue dans les rues. Quelques lumières brillaient déjà. Il entra dans cette maison, en état aussi piteux à l'intérieur qu'à l'extérieur et se mit à slalomer entre les petits groupes de drogués. Ses yeux balayaient la seule et unique pièce, à la recherche de quelque chose ou quelqu'un. Il ne chercha pas longtemps.
On lui sauta dessus, puis on l'embrassa dans le cou, tendrement. Sacha étouffa ses rires, par peur de briser le plaisir silencieux qui faisait soupirer, çà et là, des fous aux yeux dilatés.
Un beau jeune homme. Aussi âgé que Sacha, mais plus grand que lui, d'une tête. Des longs cheveux rouges, effilés et coiffé en bataille, cachaient un visage des plus parfaits. La peau pâle, presque blanche, sans aucune impuretés, d'où brillaient deux yeux noisettes. Il était mince et moins musclé que Sacha, ne faisant pas autant de sport. Il s'appelait Jun et c'était le seul ami que le petit blond n'avait jamais eu.
Les deux jeunes hommes, se retrouvant, commencèrent à se câliner amicalement, par simple habitude. Dans les bras l'un de l'autre, se touchant les cheveux, ils s'échangeaient quelques baisés furtifs. Un manège des plus étonnants que seuls eux pouvaient comprendre.
Sacha n'acceptait que la tendresse de cet homme et ce, depuis toujours. Ses propres parents ne pouvaient pas l'approcher d'aussi près. Il y avait entre eux quelque chose d'impalpable, dont on ne pouvait trouver aucune autre réponse logique si ce n'est celle d'un amour plus puissant que tout.
Sacha se redressa le premier en déposant ses lèvres au coin de celles de son ami.

____- Tu as quoi ce soir ? Demanda t-il, lâchant son ami.
____- Un peu d'héroïne et de l'herbe, répondit Jun en soupirant, déçut.
____- C'est pas grand chose, souligna le blond, suivant le roux dans son soupir.
____- Non, mais c'est mieux que rien...
____- Ouais, allé dépêches toi.

Les deux amis se partageaient leur butin tous les soirs, travaillant les weekends et rassemblant l'argent en début de semaine. Satisfaisant leur soumission à la drogue grâce à leurs petits boulots et allant au lycée la semaine. Voilà ce qu'il leur suffisait pour vivre. Ils se pensaient heureux, mais se détruisaient. Peu importait, au moins ils se sentaient bien lorsqu'ils étaient ensemble à s'empoisonner.
Lâcheté.
Sacha se piqua deux fois dans la soirée, sous les râles de Jun qui lui demandait de faire attention à ne pas trop en prendre d'un seul coup. Sacha lui riait au nez et lui donnait un baisé sur une joue ou dans le cou. Ce qui avait pour effet de faire taire son ami, qui soupirait d'exaspération devant ce petit bout d'homme qui pouvait le faire céder si facilement.

***

Cela faisait déjà une petite heure qu'il s'abandonnait à leur bovarysme. Jun était assit contre un mur, berçant Sacha qui s'était blottit dans ses bras et qui somnolait, respirant l'odeur si apaisante de son meilleur ami.

Seulement ce soir, ils ne savaient pas que ce serait le dernier soir où leur dépendance serait rassasiée.

Jun avait le menton posé sur la tête de son protégé et il lui caressait les cheveux. Enfermés dans leur bulle de bonheur, ils n'entendirent pas de suite, les gens autour d'eux, hurler de terreur. Ils n'entendirent pas de suite, les coups de feux qui fusaient. Leur drogue n'aidant pas, les ayant mit dans uns de torpeur pitoyable.
Jun ouvrit les yeux sur un spectacle des plus horribles. Des gens à terre, tremblants, tenant souvent dans une main, les vestiges de leur convoitise toxique, comme s'il ne leur restaient que ça.
Des hommes en noir étaient là, ayant trouvé le refuge ils frappaient à l'heure de pointe. Jun se releva, hurlant à Sacha qu'il fallait partir. Ce dernier, surprit et effrayé à son tour, par ce qui se passait, se mit à courir derrière Jun, lui tenant fort la main.
Il le regardait, cet homme si fort qui avait toujours était là pour lui. Il l'admirait parce que ce soir encore, c'est lui qui les sauveraient. Il le savait, ils allaient courir vite et comme toujours, s'en sortir. Ils allaient dormir ensemble. Ils se blottiraient l'un contre l'autre en se murmurant des mots doux, dont seuls eux avaient le secret. Jamais ils ne seraient séparés, tout simplement parce qu'il ne pouvaient pas vivre l'un sans l'autre. Sacha avait besoin de Jun et vice versa. Il sourit en pensant à ça. Il reprit vite son courage et se mit à courir plus vite, serrant la main de Jun.
Son si précieux Jun...
Les pensées de Sacha furent bien vite rompus, par un coup de feu. Il ne voulait pas comprendre, il ne voulait pas que ça arrive. C'était impossible de toute façon, ils se l'étaient bien dit, jamais ils ne seraient séparés. Pourtant, ce qui se passa sous ses yeux était bel et bien la vérité, une vérité qu'il ne s'avouerait jamais. Jun, devant lui, s'écroula de tout son long et Sacha poussa un horrible braillement, se jetant sur son ami, déjà à terre qui gémissait de douleur.
Deux hommes vinrent tirer le petit qui se débattait sauvagement, hurlant comme un fou, le prénom de son meilleur ami. Il le voyait là, gisant dans une marre de sang, prit de convulsions, et tentant vainement de combattre son mal. Sacha réussit à se défaire de l'étreinte musclée de ses agresseurs et se jeta sur son ami en le serrant fort dans ses bras. Jun, lui, regardait son petit blond, un sourire aux lèvres, pour le rassurer. Il tendait une main vers lui en lui assurant que tout allait bien se passer, qu'il se retrouveraient plus tard. Sacha n'y croyait pas et beuglait sur son lui pour qu'il se relève. Le roux attrapa difficilement le visage de son petit protégé, entre ses mains, et lui déposa un chaste baisé sur les lèvres.

____- Je t'aime... Cours...

Tout se passa très vite, les yeux de Jun se fermèrent et Sacha fut violemment tirer vers l'arrière, laissant son ami là, seul. Il se remit à se débattre avec hargne, sa vue devenant floue, cause de ses larmes et de ses forces qui l'abandonnaient. Il commençait à sombrer dans le néant, luttant du plus qu'il le pouvait mais il s'écroula à son tour. Tout devint plus calme, la douleur et les cris se turent. Toute sa vie il garderait en mémoire, l'image de son tendre ami, qui baignait dans la flaque de sang éparse, qui couvrait le sol...

***

Il ouvrit les yeux sur sa chambre, ses maux de tête l'assenait et son corps était encore tout engourdi. Il se redressa hâtivement avant de s'étaler mollement par terre. Il rumina quelque injures avant de se relever pour laisser ensuite ses muscles se réveiller. Chose de faite, les nerfs à vif, il se rua sur sa pauvre mère, qui, en bonne femme qu'elle était, s'occupait de la maison. Cette femme, toute frêle, au visage cerné et fatigué, prit lentement son enfant dans ses bras, rassurée de le savoir en pleine santé.
Sacha la repoussa violemment.

____- Où est Jun ?!
____- Mon chéri...
____- Où est-il ?!
____- Quand ton père est venu t'as retrouvé, il l'a cherché, mais il ne l'a pas trouvé. Il n'a pas eu le temps de chercher longtemps, la police risquait d'arriver à tout moment et d'accuser votre présence sur les lieux... Dit-elle entre ses sanglots tout en caressant le doux visage de son fils.
____- Mais il doit y être !

Le jeune homme, en colère, refoula l'effusion de pitié de sa mère et remonta dans sa chambre pour pleurer toutes les larmes de son corps. Sa mère devait lui mentir, il ne pouvait disparaître. Il ne voulait pas que Jun ait disparu, il ne voulait pas être seul.

Cette mère, aussi bonne soit-elle avait effectivement mentit à son seul et unique fils. Sachant la douleur qu'il éprouverait si jamais elle lui avouait ce qu'il s'était réellement passé. Elle se maudit elle même d'être si lâche, mais se ressaisit en se disant qu'il vivrait sûrement plus facilement avec l'espoir de voir Jun revenir un jour. Seulement, elle savait très bien que tout le possible qui pouvait être, avait ses limites.
Laissant ses larmes couler elle se remit à sa tâche, déterminée à faire croire à son fils, que Jun avait simplement disparut, sans laisser de traces...

***

Les semaines passaient et Sacha n'était pas retourné en cours. Les vacances de noël arrivèrent bien vite. Il passaient ses journées à attendre son ami, luttant contre ses pulsions et envies de drogues, qu'il ne pouvait avoir. Il avait arrêté de pleurer, se disant tout simplement que Jun n'aimerait pas le voir en larmes pour son retour. Il se forçait donc à sourire. Il se forcer donc à y croire. Il se forçait donc à survivre, dans son sentiment de délaissement.
Tous les soirs il allait devant la maison de son ami, qui était resté vide depuis le soir où ils avaient été séparés. Jun vivait seul depuis ses quatorze ans. Ce qui étonna tout de même Sacha, c'est que personne, ne vint jamais s'occuper de cette maison. Jun avait disparu et tout ça avait l'air parfaitement normal, pour tout ceux qui l'entourait.
Il se souvenait bien de ce jour, où Jun était venu le voir pour lui dire qu'il allait à présent vivre seul. C'était un jour d'anniversaire, celui du père de Jun. Ce dernier avait préparé, comme tout les ans, une petite fête, pour son seul et unique proche. Mais c'est ce jour là que le père avait étrangement tout abandonné. Il avait laissé, sur la table du salon, vaguement gribouillé, un mot, disant à son fils qu'il pourrait vivre ici, seul et que personne ne dirait rien. Et c'est effectivement ce qui c'était passé. Jamais personne ne s'était inquiété.
Un femme, d'âge moyen et plutôt mièvre lui rendait souvent visite. Elle lui donnait de l'argent et faisait le ménage, signait des papiers. Elle ne parlait quasiment pas, se contentant de dire qu'elle repasserait.
Au fur et à mesure, Jun et Sacha avait apprit à vivre ainsi, et tout cela passa vite dans la banalité. Mais n'aurait-il pas mieux fait de faire plus attention ?
La disparition de Jun avait-elle un rapport avec tout ça ?
Que c'était-il vraiment passé ?
Qu'est ce que signifiait tant d'étrangeté dans la vie de Jun ?
Le départ de son père ?
Cette femme inconnue ?

Il se résignait, tous les soirs, après plusieurs heures d'attente dans le froid, à retourner chez lui. Ses parents essayaient d'être le plus présent possible, mais rien ne pouvait remplacer ce si précieux ami qu'était Jun. Sacha se contentait donc des paroles de soutient de ses géniteurs. Il était las de les entendre en boucle, chaque soir quand il rentrait de chez son meilleur ami, mais il les tenait à respecter l'aide de ses parents.
Le soir de noël, il demanda s'il pouvait sortir seul. Il eu l'autorisation avec plusieurs minutes d'argumentation et se fit le plus beau qu'il pu, enfilant son costume de haute couture, qu'il arborait tous les ans pour cette fête.

Une fête qui cette année ne serait pas ce qu'elle avait toujours été.

Il attrapa le cadeau qu'il avait acheté et se mit en marche vers un petit parc. Chaque année, Jun et Sacha se rejoignaient ici pour célébrer noël. Ils riaient toujours beaucoup, en grignotant quelques gourmandises et en se remémorant leur année qui se terminait toujours trop vite, à leur goût.
Il arriva près d'un petit banc sur lequel il s'assit. Il regardait autour de lui, dans l'espoir de voir son ami arriver, comme tout les ans, le sourire aux lèvres. Il tenait fermement dans ses mains gelées, le petit cadeau qu'il souhaitait lui offrir et avait déjà préparé les quelques cochonneries sucrées qu'ils dévoreraient à s'en faire exploser la panse, comme chaque années.
Seulement Jun n'arriva jamais. Sacha, laissa ses larmes couler en silence et déposa le petit paquet à la place habituel de son ami. Il regardait cette place avec insistance, cette place vide, comme si Jun pouvait apparaître d'un seul coup et le sortir de ce cauchemar.
Seul, congelé et le visage plein de larmes, quand minuit sonna, il se résigna, une nouvelle fois, à abandonner sa fastidieuse attente.
Mais soudain, quelque chose le retint par le bras et il eu un espoir, se retournant vivement, le sourire aux lèvres.
Ça ne pouvait être que lui, il n'y avait qu'avec lui qu'il partageait ce banc, qu'avec lui qu'il venait là, ses parents ne connaissaient pas ce lieu. Personne ne pouvait savoir qu'il était là, à part Jun.
Il resta bouche bée devant l'homme qui le tenait. Une magnifique personne dont le visage était proportionné à la perfection. Une peau lisse et brillante, légèrement halée, des yeux d'un bleu profond et des cheveux, noirs et mal coiffés, ajoutant une touche d'érotisme à cette créature des plus merveilleuses. Il devait avoir un peu moins de trente ans.
Sacha ne pu s'empêcher de rougir.

____- Il ne viendra pas cette année, Sacha, dit l'inconnu.

« Mais mon très cher ami, il a rallumé la lumière qui s'était éteinte lorsque tu es partis. Comprends moi par pitié, pardonnes moi de t'avoir oublié une seconde. Cette seconde où j'ai croisé son regard.
Il m'avait ensorcelé...
»

______________________________

Bonjour / Bonsoir.

Le premier chapitre. Je m'excuse d'avance pour les fautes, que l'on m'a déjà fait remarquer. Il faut que je repasse tout ça au peigne fin. C'est honteux.
J'ai changé de blog, raisons qui n'ont pas besoin d'être expliquées, ce serait une perte de temps. Enfin, tout ce passera ici maintenant.
Pour en revenir à ce chapitre. Je tiens à dire que je n'aime pas écrire les premieres pages d'une histoire. Les descriptions ne sont pas mon fort. Je suis donc désolée si certains passages sont un peu longs et « lourds dingues ».
Que dire de plus ? Les choses se mettent doucement en place, je n'aime pas perdre mon temps pour rajouter des lignes, alors peut être que ça peut paraître un peu bâclé. C'est volontaire.
Merci d'être passé lire. Et encore désolée pour les fautes, je m'occuperai de ça plus tard, j'ai pas mal de boulot et de choses à rattraper pour le lycée.
Blog perso.

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 08:22

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 14:55

IITraque

« Je me souviens du sentiment que j'ai ressentit quand je me suis noyé dans l'océan de ses yeux. J'ai perdu toute notion du temps et je me lui laissé entrainer vers les profondeurs. J'ai sentit mon c½ur exploser et mon âme se gonfler de quelque chose que je n'avais encore jamais ressentit. Je ne savais pas encore, mon tendre ami, que ce noël était l'ébauche de la plus belle et la plus douloureuse partie de ma vie.
Il m'avait empoisonné
. »

Le regard que lançait le bel inconnu déconnecta Sacha de la réalité. Qui était cet homme ? Le petit blond prit automatiquement peur. Personne ne serait là ce soir pour le sauver de quoi que ce soit, il le savait bien.
L'inconnu, comme s'il avait comprit le malaise du gamin, le relâcha et soupira, las. Il prit un air supérieur et regarda Sacha avec tellement de dédain que ce dernier ne pu s'empêcher de baisser les yeux. Malgré le fait qu'il soit libéré de l'emprise du bel homme, il n'avait pas bougé et il restait planté là, comme un idiot.

____- Je te connais bien, dit le beau brun sans pour autant regarder Sacha.

Surprit, il leva les yeux et haussa un sourcil. Comme si c'était plaisant, le bel inconnu prit son temps avant de répondre. Il alluma une cigarette, tira quelques bouffées, avant de regarder tranquillement autour de lui. Il reposa son regard austère sur Sacha et pour répondre à l'interrogation muette du môme, et se remit à parler sur un ton absent.

____- Je suis écrivain et il m'arrive de passer au lycée pour discuter avec l'un des professeurs de français, qui est mon... Ami. Je ne pense pas que tu m'ai déjà vu. Par contre, je t'ai bien remarqué et ton physique m'a beaucoup inspiré. J'ai donc voulu en savoir plus sur toi.
____- Et qu'est ce que vous vouliez savoir de plus ? Murmura le jeune.
____- Ce qu'il me manque, je pense pouvoir le trouver chez toi. Le physique ne suffit pas pou créer un bon personnage, il lui faut un caractère particulier, une façon d'être, certaines mimiques. Tout ce qu'il peut aider le lecteur à voir plus clairement ce que l'auteur veut faire paraître.
____- Et comment puis-je vous apporter ça ?
____- Parles moi de toi.

Le jeune homme se rassit donc, ne sachant pourquoi il écoutait si gentiment cet inconnu. Ce dernier, qui ne mit pas bien longtemps à prendre place près de lui, poussant le bazar de Sacha sur le coté. Le gamin baissa les yeux et commença à s'amuser nerveusement avec le gravier à ses pieds. L'adulte remarqua remarqua directement son gêne et il se mit à sourire, sadique. Sans réellement s'en rendre compte, Sacha, par ses gestes traitres de son stresse, nourrissait parfaitement l'inspiration du bel écrivain. Cet écrivain qui examinait avec soin, sa muse, tissant déjà minutieusement le personnage qu'il voulait mettre en forme. Du moins, c'est ce qu'il faisait croire. Après tout n'est-ce pas simple comme « bonjour » de se jouer de quelqu'un en lui faisant avaler des mots ? Le monde entier est bien trop naïf...
Se doutant que le jeune homme ne parlerait pas si facilement, comprimé dans sa timidité, probablement dû à la perte chére à quoi il devait se résigner, l'homme frotta les cheveux du plus jeune. Celui-ci fût, bien évidemment, prit d'un sursaut.
Deux grands yeux bleus, pleins de tendresse et de douceur, contrastant avec l'hostilité dont il faisait part quelques minutes plus tôt, se plantèrent dans les pupilles grises et traumatisées. Le but étant de rassurer le jeune blond. Il ne tarda pas à se laisser bercer par ce regard merveilleux, ravalant ses peurs et laissant un sourire niait se dessiner sur ses lèvres, parfaitement bien dessinées. L'homme, une fois satisfait, brisa cette effusion pour se perdre à ses songes et plans insidieux, les yeux plantées loin devant lui. Finalement, cette manifestation éphémère d'humanité, venant de cet être froid et distant, n'était sûrement destiné qu'à nourrir les propres intérêts d'un écrivain en manque d'inspiration. C'est ce que Sacha pensait.
Pourtant, il se forçait à croire que derrière ce masque d'ennui, se cachait un être humain, qui tout comme lui, avait besoin de se consoler avec des gestes ou semblant de gestes, aussi stupides soient-il, pour se sentir mieux.
Et n'était-ce pas simplement psychologique ?
Sacha savait bien que le cerveau de son espèce, soit disant surdéveloppée, était plus compliqué que n'importe quoi. Le simple fait de se sentir regardé, aimé, désiré ou même d'autres choses plus grandes et plus complexes, faisaient naître des sentiments incompréhensibles. Consolidant nos questions bêtes, souvent résultat d'un lourd manque de confiance en soi ou en ceux qui nous entoure.
Reprenant du poil de la bête et surtout, déçut de ne pas avoir pu se plonger plus profondément dans le regard perçant de son ainé, il tourna lui aussi les yeux pour les fixer sur un point invisible et lointain.

____- Je n'ai rien à vous dire sur moi.
____- Crois-tu vraiment ce que tu avance ? Ou n'est-ce pas juste une façon d'échapper à quelque chose qui te fait peur ? Une façon de ne pas commencer des propos qui mèneraient inévitablement à un sujet qui t'as brisé, ou te brise le c½ur ?

Piqué au vif, le petit blond se releva, furieux. Il dévisagea l'être humain qui avait osé dire ce que tout le monde pensait, sans pour autant le faire savoir, depuis la disparition de Jun.
Il ne savait pas vraiment quel sentiment le faisait le plus souffrir à ce moment. Il ne savait pas si c'était le fait que quelqu'un ait pu le comprendre si facilement, sans même le connaître, alors qu'il s'efforçait de ne rien faire paraître . Ou alors si c'était le fait que cet écrivain prétentieux et arrogant le mette à fleur de peau, en lui crachant ces phrases, certes réalistes, mais pleines de méchanceté et de moquerie. Quoi qu'il en soit, il s'abandonna à sa rage et sans aucune retenue, frappa le merveilleux visage de l'inconnu. Celui-ci qui resta, d'ailleurs, quelques secondes la tête légèrement tournée et les yeux fermés, sous l'impact de la main de Sacha. Ne s'attendant tout de même pas à une réaction si violente, et reprenant ses esprits, le beau brun mena sa propre main vers sa joue et se la caressa lentement pour faire passer la douleur. Tous ses gestes étaient lents et délicats, laissant croire à Sacha qu'il avait « gagné », pour une fois, sans l'aide de Jun. Ce qui s'avéra être une pitoyable illusion, car l'écrivain se releva et s'approcha très prés du petit blond.

____- Pauvre idiot, siffla t'il.

Se rendant enfin compte de son geste, il se crispa, s'attendant à une punition, certainement bien méritée. Son corps tout entier près à ressentir la douleur, il ne vit pas le sourire sardonique de son homologue, qui ne tarda pas à lever la main. Sentant l'homme bouger, Sacha se crispa de plus belle. Qu'il le frappe, il le fallait. Il en avait envie. Il le méritait, depuis trop longtemps il le méritait. Tout le on de l'avait toujours défendu et jamais il n'avait su se débrouiller seul. Cependant, la main de l'homme finit simplement par se poser sur la joue du gosse, en la lui caressant doucement.

____- Pourquoi tu n'es pas tout simplement partit comme le lâche, que tu dois être ? Soupira le bel homme. Tu es pitoyable Sacha, c'est ça que j'aime en toi. Tu es tellement pathétique, que c'en est mignon.
____- Je... Je ne voulais pas partir... Bégaya le gamin, troublé par autant de sincérité, même si cruelle.
____- Pourquoi ?
____- Je ne sais pas... Murmura le blond.
____- Tu ne sais pas, répéta l'homme, sur le ton de la moquerie. Et quand penses-tu savoir ? Continua t-il, toujours aussi moqueur.
____- Je ne voulais juste... Pas être seul...

Le bel écrivain grogna et soupira, las d'entendre ce genre de choses, qu'il trouvait bête. Il prit le visage du gosse entre ses mains, le regarda dans les yeux, sans sourire, son air froid et fermé. Ce visage qui le démarquait de tous les autres et qui le rendait,encore plus beau et charmant, qu'il ne l'était déjà. Il déposa tendrement ses lèvres sur celles du gosse, de plus en plus troublé.
Sacha n'essaya même pas de se retirer de l'étreinte que lui imposait son ainé, profitant de ce simple contact humain, qui lui manquait tant. Qui pouvait se douter que la disparition de Jun était aussi destructrice ? Et pourtant, Sacha en était réduit à se laisser embrasser par un inconnu, qui devait avoir près de dix ans de plus que lui.
N'étant plus seul dans ce parc, il laissa ses larmes couler lentement sur son visage, donnant un goût salé au baisé doux et apaisant que lui donnait cette merveilleuse créature. Juste des lèvres posées les unes sur les autres, sans arrières pensées. Il savourait, ne voulant que ce moment ne s'arrête jamais, levant ses bras tout fins pour les enrouler autour du cou de son inconnu. Ce dernier, qui se sépara doucement du gamin au bout de plusieurs minutes, qui avait semblé n'être qu'une seule seconde aux yeux de Sacha.

____- Camille.
____- Qu...Quoi ? Balbutia le petit blond, les joues encore pourpres.
____- Je m'appelle Camille. Soupira t-il, joyeux noël, dit-il vaguement, avant de se retourner pour se diriger vers un bolide de luxe qui était garé à l'entrée du parc.

« Je ne savais pas encore, mon tendre ami, que ce noël était l'ébauche de la plus belle et la plus douloureuse partie de ma vie.
Il m'avais empoisonné
. »

***

Plus rien ne peux plus me sauver, puisque personne n'ose s'opposer. Tu sais que l'argent rend fou ? Il veulent tous ta mort, tu n'as jamais été qu'un simple objet. Tu sais, comme le jouet fragile et cher, auquel on tient. Rien de plus.
Il faut bien se faire une raison de toute façon, je savais depuis le début que ça arriverait un jour. J'espère juste que tu vas bien, même sans moi. Reste stoïque, il le faut, devient enfin un homme, je serai tellement fier de toi.
Je suis pendu par les mains, il fait sombre, il fait froid et je suis nu. Toute la pièce à une odeur de cadavre en décomposition, c'est désagréable. Des fois, lorsque un filet de lumière réussit à s'infiltrer, je vois une ombre, en face de moi. Elle est placée dans la même position que moi, les bras attaché au dessus de la tête et le reste du corps à moitié assit. C'est une femme, elle est nue aussi. Même en observant bien, je n'ai jamais pu détailler son visage. Il est figé dans une moue d'agonie. Son corps est maigre et desséché. L'odeur est sincèrement immonde, mais je ne suis pas seul. Je ne sais qui est cette personne et surtout ce qu'elle a fait pour mériter un tel traitement. Mais je ne suis pas un cas à part... Cela me rassure un peu, tu sais.
Il va bientôt revenir, j'ai peur. Il fera ce qu'il doit faire puis il partira, c'est comme ça tous les soirs. Le pire dans cette histoire, c'est qu'il est la seule personne, vivante, que je puisse voir. Alors même sachant qu'il vient pour me détruire, je ne peux me retenir d'être heureux quand la porte s'ouvre sur sa silhouette. J'existe un peu, à ses yeux.
Peut-être qu'un jour je prendrai plaisir sous ses coups ?

Je sais déjà ce qu'il me dira. Ses mots ne me blessent plus. Je ne dis plus rien, je lui sourit, lui demande de se taire et de me faire encore mal. Je le mérite peut être, qui sait ? Si je suis là, il doit bien y avoir une raison. Je sais qu'il m'insultera quand je lui demanderai de me faire mal, mais qu'importe ? Tant que tu es en vie, il peut me faire ce qu'il veux.

Je t'aime.

______________________________

Bonjour/Bonsoir.

Un chapitre court et que je n'aime pas. La prochain est mieux et plus long. Celui-ci ne servait qu'à présenter Camille, qui tient une place importante.
Que dire ? Je suis encore une fois désolée pour les fautes, je suis fatiguée en ce moment. C'est une excuses à deux balles, je sais bien, mais il me faut bien en trouver une, vous comprenez ? Peu importe.
Écrire, écrire... Pourtant ce n'est pas merveilleux, n'est-ce pas ? C'est plus pour moi que pour les autres. Le début n'est pas génial, pour le moment, je ne suis pas fier de ce que je fais. Il me faut du mieux. Ca viendra, dés que "les présentations" seront faites.
Sur ce petit monologue, je veux dire, merci à ceux qui ont lu et souhaiter une bonne continuation.

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 13:08

Modifié le lundi 02 février 2009 16:08